... Le Clouté d’or ...

Nous souhaitions réaliser un couteau représentatif de la période Art déco. Pour ce faire, nous nous sommes inspirés de plusieurs modèles glanés dans divers musées qui utilisent l’ancienne technique dite du clouté ou du piqué d‘or. Très ancienne, elle fut souvent utilisée au XVIIe siècle, principalement en orfèvrerie sur des plats en écaille, dont les Italiens s’étaient faits une spécialité. La coutellerie de table d’ivoire, d’écaille ou de nacre l’utilisa tout au long du XVIIIe et XIXe siècle. On la retrouve jusqu’au début du XXe où les couteaux piqués d’or s’inscrivent alors dans un mouvement Art déco, une recherche de lignes pures et de formes géométriques et dépouillées. Ainsi les maisons les plus réputées de l’époque fabriquent de véritables bijoux de nacre, d’écaille et d’ivoire étoilés d’or : Peter, Touron-Parisot ou encore Cardeilhac perpétuent la tradition jusqu’aux années 30. Techniquement parlant, la difficulté de fabriquer une telle pièce est réelle, d’autant qu’il s’agit ici d’un couteau sans clous de mécanisme apparents. Elle réside dans deux points principaux : d’une part l’exigence de symétrie et de régularité des figures géométriques répétitives, composées chacune de 5 clous disposés en étoile ; d’autre part le risque important de fendre l’écaille en introduisant chaque clou dans son logement, lequel étant d’un diamètre très légèrement inférieur à celui du clou d’or, afin de le maintenir en place de manière définitive. Cette opération se répète 308 fois par couteau, représentant 308 prises de risque de devoir recommencer toute la côte d’écaille ! Pour contrebalancer ce riche décor piqué d’or, nous avons choisi une silhouette aux lignes sobres et tendues, aux angles vifs et pans coupés, un mélange de luxe et de dépouillement au plus près de l’Art déco.
Longueur ouvert : 26 ou 21 cm, fermé : 14 ou 11 cm